Chronique de "D'entre les pierres" de David Lelait-Helo

*** TRÈS ÉMOUVANT ***




Auteur : David Lelait-Helo
Editeur : Anne Carrière
Sortie : octobre 2014

Résumé :
Les murs ont des oreilles, il faudra vous y faire. Vous l'avez souvent dit, sans jamais y croire. Car vous ne le vouliez pas, mais je vous place aujourd'hui au pied du mur, excusez le jeu de mots, je suis blagueuse [...] Ah, si les murs pouvaient parler ! Je vous le dis, ils parlent. Mes parquets grincent en mille bavardages, mes boiseries craquent en petits cris et, en dépit de mon grand âge, mes fenêtres voient loin, au-delà du temps qui passe et par-delà les siècles. L'Histoire ne s'écrit pas dans les livres, elle se respire. À l'encre et au papier, elle préfère le vent et le sang. "
Une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu'on ne lui avait jamais donnée. À l'heure d'être détruite, elle révèle ce qu'elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu'elle a été impuissante à empêcher... Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l'immigration qui au xixe siècle a donné le jour à l'Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 1970. 
Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d'amour et de paix. 



~ MON AVIS ~

Ce roman est assez exceptionnel par son originalité, mais surtout par l'émotion qu'il s'en dégage.

J'ai été captivée par ce récit, un récit atypique : celui d'une maison. Une maison qui se raconte et qui nous raconte sa vie, ses occupants, ceux qui l'ont fait vivre, ceux qui l'ont abîmé, ceux qui l'ont aimé, et plus particulièrement sa vie avec Soledad Salvador.

Ce roman se lit, se vit.

La plume de l'auteur est tout simplement divine, il sait manier les mots, jouer avec, pour nous emmener là où il souhaite, et surtout, sa magie nous transporte dans un tourbillon de sentiments et d'émotions assez exceptionnel. 
Ce livre est vibrant d'intensité, de stupéfaction, d’impossibilité.
En effet, à travers le récit de cette maison, celle-ci nous révèle son impuissance face à ce qu'elle ressent, à ce qu'elle découvre, à ces secrets qu'elle apprend et dont elle sera la gardienne à jamais, à ces larmes versées dont elle ne peut qu'absorber la douleur, mais ses jours sont fait aussi de joie lorsque les rires envahissent son vide, de caresses également lorsque ses murs sont dépoussiérés, de bonheur lorsqu'on la pare de tableaux et d'objets.

L'auteur a réussi avec brio à entremêler la vie de Soledad Salvador avec celle de la maison, à introduire l'histoire de l'Argentine, et plus particulièrement Buenos Aires, son ambiance, ses paysages, et les enjeux politiques qui s'y jouaient. Il est question également d'Eva Peron, de deuil, de larmes, de trahisons.
Soledad Salvador est une jeune femme unique, brillante malgré sa vie difficile, une jeune femme pour qui les chiffres comptent...ce qui l'amènera à sa rencontre avec la maison. Soledad Salvador est un personnage qui m'a beaucoup émue, par son courage, par sa force, son obstination, mais aussi par le drame qu'elle vit sans le savoir, ce drame qui se décuplera à la fin du récit, lorsque nous sauront la vérité. 

Nous voyons à travers l'ambiance et toutes les descriptions que l'auteur a fait un grand travail de recherches sur l'Argentine et Buenos Aires. Tout est retranscrit parfaitement et avec justesse : les odeurs, la musicalité, les couleurs, l'atmosphère, la laideur, la pauvreté, les joies et les peines.

L'écriture de l'auteur est belle, douce, parfois poétique. Elle nous berce et nous transporte dans ce récit pas comme les autres.

Bref, je ne peux que vous conseiller ce roman. Un roman qui m'a complètement bouleversée, et dont je ressens encore les stigmates, bien après avoir fini ma lecture. Une émotion intense, vive, qui ne vous laissera pas indifférent.

Et je dois vous dire bravo Monsieur LELAIT-HELO, car vous avez réussi à me faire pleurer tant la fin du récit est poignante. 





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